Overthinking ou anxiété généralisée : comment faire la différence

Louis.Guillot.64

Silhouette pensive près d’une fenêtre au crépuscule, une tasse entre les mains

« Je réfléchis trop » : la phrase est devenue courante, et le mot overthinking aussi. Mais à partir de quand le fait de trop penser devient-il un problème de santé ? Et quelle différence avec le trouble anxieux généralisé, dont on entend aussi beaucoup parler ? Les deux se ressemblent, se chevauchent parfois, mais ne se confondent pas.

L’overthinking : une façon de penser, pas un diagnostic

L’overthinking n’est pas une maladie et ne figure dans aucune classification médicale. C’est un terme courant qui désigne la tendance à analyser, ressasser ou anticiper de façon excessive. Les psychologues le rattachent à deux mécanismes bien étudiés :

  • la rumination, tournée vers le passé : repasser en boucle une conversation, une erreur, une situation vécue ;
  • l’inquiétude, tournée vers l’avenir : imaginer tout ce qui pourrait mal se passer et chercher à tout prévoir.

Presque tout le monde vit des périodes d’overthinking, en particulier lors d’un changement, d’un conflit ou d’une décision importante. Nous détaillons ce phénomène dans notre article sur la façon dont l’overthinking alimente l’anxiété.

Le trouble anxieux généralisé : un trouble reconnu

Le trouble anxieux généralisé (TAG) est, lui, un diagnostic médical. Selon les critères du DSM-5, la classification de référence en psychiatrie, il se caractérise par :

  • une inquiétude excessive, présente la plupart des jours pendant au moins six mois ;
  • une inquiétude difficile à contrôler, qui porte sur de nombreux sujets (travail, santé, argent, proches) ;
  • au moins trois symptômes parmi les suivants chez l’adulte : agitation ou nervosité, fatigue rapide, difficultés de concentration, irritabilité, tensions musculaires, troubles du sommeil ;
  • une souffrance réelle ou une gêne dans la vie quotidienne, professionnelle ou sociale.

Seul un professionnel de santé peut poser ce diagnostic, après avoir écarté d’autres causes possibles.

Les différences qui comptent

CritèreOverthinkingTrouble anxieux généralisé
DuréePar périodes, souvent liées à un événementLa plupart des jours depuis au moins six mois
SujetsSouvent un sujet précisNombreux sujets, qui changent sans cesse
ContrôleOn parvient à décrocher quand on est occupéTrès difficile de s’arrêter, même en activité
CorpsPeu ou pas de symptômes physiquesTensions, fatigue, troubles du sommeil fréquents
RetentissementAgaçant, mais la vie continueGêne nette au travail, dans les relations, au repos

La différence tient donc moins au contenu des pensées qu’à leur durée, leur intensité et leur impact. On peut ruminer beaucoup pendant quelques semaines sans souffrir d’un trouble anxieux, et à l’inverse, un overthinking qui s’installe des mois et envahit tout mérite d’être pris au sérieux.

Quand l’overthinking glisse vers l’anxiété

Certains signes indiquent que les pensées ne sont plus une simple habitude mais un problème qui s’installe :

  • les inquiétudes occupent une grande partie de la journée, presque tous les jours ;
  • le sommeil se dégrade durablement, avec des difficultés d’endormissement ou des réveils nocturnes ;
  • le corps suit : mâchoire serrée, maux de tête, nuque raide, fatigue au réveil ;
  • on commence à éviter des situations (appels, décisions, sorties) pour ne pas déclencher les pensées ;
  • l’entourage remarque une irritabilité ou une fatigue inhabituelle.

Si plusieurs de ces signes vous parlent depuis des mois, un rendez-vous chez votre médecin traitant est une bonne première étape. Il pourra vous orienter vers un psychologue ou un psychiatre si besoin.

Ce qui aide dans les deux cas

Bonne nouvelle : les outils qui réduisent l’overthinking sont aussi ceux qui sont utilisés dans la prise en charge du TAG, avec une intensité et un accompagnement différents.

  • Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont le traitement psychologique de référence du trouble anxieux généralisé. Elles apprennent à repérer les pensées anxieuses, à les questionner et à changer les comportements qui les entretiennent.
  • Le report des inquiétudes consiste à donner un rendez-vous fixe à ses soucis. Nous expliquons la méthode du temps d’inquiétude étape par étape.
  • La pleine conscience aide à observer les pensées sans s’y accrocher.
  • L’activité physique régulière réduit la tension corporelle et améliore le sommeil, deux leviers importants contre l’anxiété.

Dans un TAG avéré, un médecin peut aussi proposer un traitement médicamenteux, en complément ou à la place d’une thérapie selon la situation.

Questions fréquentes

Peut-on se diagnostiquer soi-même un trouble anxieux ?

Non. Les questionnaires en ligne peuvent aider à se poser des questions, mais seul un professionnel de santé peut poser un diagnostic, notamment parce que d’autres causes (thyroïde, effets de certains médicaments, autres troubles) doivent être écartées.

L’overthinking peut-il disparaître seul ?

Souvent, oui : quand il est lié à une période ou à un événement précis, il diminue une fois la situation passée. S’il persiste ou s’aggrave, mieux vaut ne pas attendre pour en parler.

Qui consulter en premier ?

Le médecin traitant est le point d’entrée le plus simple. En cas d’idées noires ou suicidaires, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement 24 h sur 24.

Cet article a une visée informative et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un psychologue.

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